Management de l'entreprise

La Stratégie militaire appliquée à la stratégie d'entreprise

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Quel modèle stratégique choisir ?

La très large majorité des entreprises n'ont pas de stratégie bien arrêtée et c'est bien là l'origine de leurs principaux problèmes...

C'est marrant cet engouement pour la stratégie militaire. Samedi dernier je farfouillais un peu le rayon management d'une librairie parisienne en quête d'un titre qui m'avait échappé jusque là. J'explorais le rayon « stratégie » lorsque je me suis retrouvé nez-à-nez avec le sous-rayon « stratégie militaire ». La stratégie militaire appliquée à l'entreprise suscite suffisamment de titres pour mobiliser un rayon particulier ! Et d'après le vendeur, il marche plutôt bien !...

Il est vrai que la très large majorité des entreprises n'ont pas de stratégie bien arrêtée et c'est bien là l'origine de leurs principaux problèmes. Mais imaginer que ce sont les militaires qui vont résoudre cette question, il y a de quoi sourire. S'il est vrai que les militaires sont par définition des experts en stratégie théorique telle qu'elle est enseignée dans les écoles de guerre, il suffit de suivre les niouzes pour bien se rendre compte que tout cela n'est et ne reste que de la théorie. Avec les sempiternelles exemples des guerres napoléoniennes, à croire que plus personne ne lit Tolstoï, les références à l'indigeste Clausewitz, ou le Sun Tsu servi à toutes les sauces, j'ai bien peur que tout cela ne fasse guère avancer le schmilblick... Comme disait Clémenceau, la guerre est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux militaires. On ne va quand même pas leur confier aussi les affaires civiles non ?

Commentaires lecteurs...


  • Bonjour à tous,
    A voir le marasme du management en entreprises avec son cortège de burn out, de harcèlement, de stress, voire de suicides pour des individus que ne partent ni en Afghanistan, ni en Libye, ni au Mali pendant des mois (sans parler des réformes permanentes depuis 20 ans), on se dit que les entreprises sont bien mal placées pour donner des conseils à nos armées dont l'efficacité est reconnue dans le monde entier !!!
    Bien cordialement,
    PH
    Ecrit par : Patrice
  • C'est un vieux texte celui-là.
    La stratégie militaire est un univers assez particulier où ceux qui décident ne sont pas ceux qui assument les risques sur le terrain. Les uns, souvent "bien nés", ont fait de belles études et une belle carrière et sont bien à l'abri dans les états majors, les autres, ceux qui ont connu un parcours de vie un peu plus compliqué, sont sur le terrain au péril de leur vie. Dans l'entreprise, il est urgent d'abandonner toutes références à ce modèle totalement inadapté pour s'approcher de quelques chose d'un peu plus démocratique et coopératif...
    Voir aussi les anciens commentaires ci-dessous (chronologie inversée)
    A+
    Ecrit par : Alain Fdz
  • Bonjour,
    Je pense que les généraux savent un minimum ce qui se passe sur le terrain. On ne devient chef d’état major dès sa sortie de Naval, Saint-Cyr ou l’École de l'air. On est d'abord sous-lieutenant et je ne pense pas qu'ils se la coule douce, même si il faut admettre qu'il commande déjà un certain nombre de personnes (pas plus d'une centaine). De plus, cette affirmation se confirme bien avec les élèves officiers de l'école de l'air, vous savez les futurs pilotes de chasses, qui pilote jusqu'au grade de Lieutenant Colonel (officier supérieur). Et puis les militaire du rang et sous officiers font parfois ce choix pour connaitre "le terrain" "l'action" (Beaucoup de mes amis me disent qu'il veulent être sous-off ou même militaire du rang pour devenir tireur d'élite ou autre. Parce que c'est une passion, un choix de vie)
    Ecrit par : ElT
  • Bonsoir,
    Merci pour votre réponse. Néanmoins, je ne suis pas convaincu. Si nos armées affichent d'excellentes performances, c'est parce qu'il y existe une très forte cohésion au sein des unités à taille humaine (une compagnie ou un bâtiment d'une centaine de personnes max.) avec souvent à leur tête un « officier biens né » (encore que 30% de l’effectif des grandes écoles militaires est composé de fils d’ouvriers et d’employés contre 10% chez leurs homologues civiles…).

    Ainsi, avant d'être chef d'état-major après une sélection drastique et continue sur des critères connus de tous, un officier issu de St-Cyr, Navale ou l'Ecole de l'air aura commandé ces petites unités en risquant lui-même sa vie (regardez le nombre d'officiers tombés en Afghanistan). Je ne connais pas beaucoup de grandes entreprises où le PDG a commencé à la tête d'une équipe de 15 à 30 personnes en « front office »... Dans les armées, on apprend à être au milieu des hommes et non au-dessus d'eux, à montrer l’exemple en somme. Chose peu connue, cet apprentissage passe aussi par un management beaucoup plus horizontal qu'on ne le pense. On enseigne au futur cadre militaire la "pédagogie participative par objectif" qui lui enjoint de faire systématiquement participer ses subordonnés à une prise de décision importante, sauf urgence opérationnelle bien sûr.

    Je vous rejoins sur un point : la haute hiérarchie militaire n'est pas encore à l'image de "la base", sociologiquement parlant. Cependant, c'est une question de temps. Je ne connais pas encore beaucoup de cadres dirigeants issus des "minorités visibles" au sein des entreprises du CAC 40...

    En résumé, vous seriez surpris de constater le respect et l'humanité qui règnent dans la plupart des unités qui arrivent à faire travailler efficacement et harmonieusement des individus sociologiquement très différents : des catholiques fervents, des adeptes de l’Ancien testament, des athées bons vivants et des musulmans plus ou moins pratiquants !

    Bien à vous,
    PH
    Ecrit par : Patrice

  • Bonjour,
    Sur ce plan je vous rejoins, les actionnaires sont rois, les directions des entreprises prennent des décisions radicales et ce sont les employés qui assument et en subissent toutes les consequences (réduction d'effectifs, délocalisation, lean management...). C'est bien pour cela que je crois beaucoup plus en des structures de type coopératives autogérées voir notamment ici :
    AutoGestion
    ou là Management démocratique
    À noter Dov Seidman dans son ouvrage HOW était parvenu à la même conclusion :
    How de Dov Seidman
    Bonne journée

    Ecrit par : Alain Fdz
  • Bonsoir,
    Je partage votre avis sur les dérives du capitalisme actuel. Les bénéfices nourrissent de plus en plus des actionnaires lointains, cupides et volatiles (fonds de pension) au détriment des salaires et de l'investissement. On est de plus en plus loin du capitalisme patrimonial qui avait une logique de long terme qui passait par un minimum d'attention portée aux salariés.
    Les coopératives autogérées sont peut-être une solution pour réindustrialiser notre pays. Merci pour vos liens.
    Bien à vous,
    Patrice.
    Ecrit par : Patrice

...J'ai peut-être un élément de réponse ici sur la question que je pose pour le billet suivant...
Ecrit par : phillibert

..En fait le classement chronologique, inverse l'ordre de lecture, je n'ai lu le billet 1/2 qu'après le billet 2/2. Mais la question reste posée
Ecrit par : phillibert

A propos de ce billet. Emmanuel un lecteur me suggère cet ouvrage : la culture du nouveau capitalisme" de Richard Sennett et apporte ce commentaire : une analyse très intéressante sur l'influence des codes militaires dans les organisations, ....
Ecrit par : afz

Un tel raisonnement me fait à mon tour sourire... Malgré nos conditions d'engagement particulièrement dures un peu partout dans le monde à l'heure actuelle, avec un effectif supérieur à celui de France Télécom, Renault et EDF réunis, nous, armées françaises, dénombrons beaucoup moins de suicides... Peut-être que le modèle de ce que vous appelez "management" et que nous appelons commandement pourrait s'inspirer du monde militaire (où l'homme est au centre des préoccupations des chefs)...
Ecrit par : cdebs

S'inspirer du mode militaire ? Mais le modèle militaire est en fait le véritable fondement du management d'entreprise. Selon la petite histoire, Fayol, un des principaux concepteurs du modèle de management (Prévoir Organiser Commander Coordonner Contrôler), avait pour livres de chevet les travaux de Lyautey. Le terme de "cadre" et l'organisation hiérarchique conséquente, sont aussi directement issus du monde militaire.
D'ailleurs, Le problème est là. On s'obstine a maintenir le style de management vertical "je ne veux voir qu'une tête" datant des débuts de l'époque industrielle, tout en sachant que la seule manière de réussir en temps de concurrence et d'incertitude est de dynamiser l'innovation, qui elle ne peut s'exprimer que dans un modèle horizontal et coopératif.
D'autre part si le critère nb de suicide devient l'indicateur de bien-être au travail, on est plutôt mal barré...
Ecrit par : afz


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