Le concept de délégation est indissociable de la notion de pouvoir
Le fractionnement du pouvoir est la plus sûre manière d'en empêcher l'abus. Maurice Druon "Le pouvoir"
L'entreprise est un lieu de pouvoir
La manière dont se distribue le pouvoir dans l'entreprise est aussi la signature du type d'organisation et des principes de management pratiqués. Le type de délégation et les modes de contrôle conditionnent le fonctionnement global de l'organisation. Ils définissent le processus de prise de décision et cadrent le mode de conception du système décisionnel.
Qu'est-ce que le pouvoir ?
La notion de pouvoir sur autrui est étroitement liée à celle de hiérarchie. Il existe pourtant diverses formes de pouvoir. L'autorité officielle n'est qu'une de celles-ci.
Disposer d'un pouvoir sur autrui, c'est être en mesure de faire adopter aux autres un comportement ou un mode de réflexion précis.
Là encore, la contrainte n'est qu'une des formes de l'exercice du pouvoir sur autrui. Le pouvoir d'influence est tout autant significatif. Le pouvoir véritable n'est pas toujours détenu par celui qui officiellement dispose de la charge. Ainsi, les décisions prises peuvent être influencées de différentes façons.
La délégation de pouvoir
La délégation de pouvoir n'est autre que le transfert de l'ensemble ou d'une partie du pouvoir dont dispose une personne ou une organisation pour un évènement ponctuel ou durablement. Le degré d'autonomie d'une unité se mesure au type de délégation dont elle dispose et au mode de contrôle en vigueur. Ainsi, la multiplication des reportings est assez révélateur d'une autonomie très limitée.
Le contrôle de la délégation
William Ouchi, l'inventeur de la "théorie Z", propose un modèle particulièrement clair pour représenter l'étroite relation entre les types de contrôle et la délégation. Selon l'auteur, le principe de contrôle est étroitement lié à la connaissance précise du processus à traiter.
3 cas :
Lorsque le processus est parfaitement connu, il suffit d'affecter les acteurs disposant des bonnes compétences et appliquant correctement les ordres. C'est le contrôle par le comportement.
Lorsqu'il est possible de vérifier les résultats produits, il suffit d'appliquer le contrôle par les résultats.
Mais, lorsque le processus est mal connu a priori et la mesure des résultats incertaine, il n'est d'autre solution que celle d'un contrôle par le "clan", fonctionnant en autonome, dans un climat de confiance réciproque. Le contrôle est effectué en amont, lors de la constitution des équipes, en ne sélectionnant que les acteurs susceptibles d'agir dans le sens de l'organisation, sans pour autant nécessiter un contrôle formel.
En référence "A conceptual framework for the design of organizational control mechanisms" de William G. Ouchi (Management Science Sept. 1979).
À lire
1. Une réflexion de fond sur la réalité du management en entreprise, les règles du pouvoir et les principes organisationnels. Un état des lieux critique des pratiques suivi de propositions concrètes et réalistes.
Les illusions du management Pour le retour du bon sens Jean-Pierre Le Goff La Découverte
163 pages Prix : 7,60 Euros
2. Cet ouvrage de référence explique comment construire un contrôle de gestion assurant la cohérence entre stratégie et la gestion courante. L'approche sociologique du contrôle est particulièrement éclairante pour ce thème précis.
Le contrôle de gestion Henri Bouquin Presses Universitaires de France
8ème édition 524 pages Prix : 33,25 Euros