Le retour sur investissement du projet Gouvernance du SI

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Tout commence par un changement de mentalité

Les uns n'hésitent pas une seconde à qualifier de Business Intelligence ce qui n'est en fait qu'une solution de reporting. Ce n'est pas un cas isolé, les solutions de technologies de l'information sont trop souvent sous-employées. Ainsi une large majorité de solutions de CRM ne dépasse pratiquement jamais le stade de l'automatisation des forces de ventes. Et ne parlons pas de la gestion des connaissances Après quelques velléités de capitalisation de connaissances indépendamment des cerveaux qui les détiennent, on se contente d'en parler, sans agir, fuyant toujours les possibilités de partage et d'échange horizontaux offertes par la technologie actuelle de l'entreprise numérique et des réseaux sociaux.

Des projets "opportunistes"

Ces projets limités partagent des caractéristiques communes. Non seulement ils ne réforment pas la structure managériale en place mais de plus il semblerait que le Retour sur Investissement soit un peu plus visible, quasi palpable à court terme. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont été choisis. Malheureusement pour ces décideurs peu entreprenants, il ne s'agit là que d'une illusion.

La gestion globale du portefeuille de projets est en fait bien plus opportuniste que raisonnée. Traitant les problèmes au coup par coup et sans vision globale, les décideurs n'évitent pas les projets redondants. leur décision se rapproche bien plus souvent qu'on ne le pense du modèle de la "poubelle" cher à James March.

Le salut est-il du côté de la normalisation ?

Bien entendu, on peut supposer que c'est bien cela la finalité de la gouvernance des systèmes d'information : mettre un terme définitf à ce triste constat. Et que c'est bien pour éviter toutes ces dérives et mettre en place un vrai système de pilotage que les modèles ITIL, CobiT ont été conçus.

La source du problème est bien ailleurs, du côté du management, de la mentalité des décideurs. Ce ne sont pas des actions de normalisations aussi rigoureuses soient -elles qui von changer quoi que ce soit à ces pratiques bien ancrées dans l'ADN des entreprises et du management.
Encore aujourd'hui, même si les dirigeants sont bien plus sensibles au rôle essentiel joué par les technologies de l'information, ils restent majoritairement convaincus que l'informatique n'est qu'une affaire de techniciens
Tant que les décideurs ne s'engageront pas plus avant, rien ne changera.
La seule décision d'importance du projet gouvernance a toutes les chances de se résumer au choix des experts du moment susceptibles de mettre en oeuvre les supposées "bonnes pratiques", les outils, les méthodes, les référentiels et les normes. "Vous avez carte blanche", telle sera leur seule prise de décision


Effet pervers : En cherchant à standardiser coûte que coûte l'entreprise selon un modèle pondu par des prescripteurs bien loin des finesses des marchés, ils lui tailleront les ailes, lui couperont les pattes, l'amputeront de toute originalité. Bref ils étoufferont dans l'oeuf sa capacité à prendre les avantages décisifs.
La non responsabilité des dirigeants devient alors de l'irresponsabilité.(note 1)

Il y a en effet autre chose à faire avec les technologies de l'information que de chercher à coller à un modèle imposé. Il s'agit d'inventer de nouvelles façons de comprendre l'entreprise, sa dynamique, son organisation, ses acteurs et ses marchés.
Lesquelles ? Comment ? Et bien cherchez donc !
Mettez-vous tous autour de la table, impliquez tout le monde, à tous les niveaux, cogitez, réfléchissez, échangez, partagez et levez le voile sur vos plans et vos stratégies.
C'est cela la gouvernance du Système d'Information...Enfin ce devrait être cela.

Note (1)

(1) C?est bien pour cela d'ailleurs que les projets ont peu de chance d'être conduits à leur terme. Peu d'entreprises rêvent d'évoluer dans un carcan. D'autre part CobiT est particulièrement complexe et impose l'engagement de l'ensemble des acteurs, direction comprise.

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1. Les bonnes pratiques de l'architecture d'entreprise, préface de Pascal Buffard.

Urbanisme des SI et gouvernance - 2ème édition - Bonnes pratiques de l'architecture d'entrepriseUrbanisme des SI et gouvernance
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2. Référence incontournable de la thématique de la gouvernance du système d'information. Fondée sur une multitude d'études de terrain, cette étude pragmatique a pour finalité ultime de bâtir un système de décision efficace destiné à muter la SI de centre de coûts en centre de profits. (Ouvrage en anglais)

IT Governance : How Top Performers Manage IT Decision Rights for Superior ResultsIT Governance : How Top Performers Manage IT Decision Rights for Superior Results
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