Management de l'entreprise

Définition du développement durable

Par Partagez : Envoyer le lien de cet article par e-mail   
.

Qu'est-ce que le développement durable ?

Comment expliquer le développement durable ?, Quelle définition en donner ?
Il y a bien la définition d'origine proposée par la commission dirigée par Gro Harlem Brundtland avec le rapport éponyme de 1987 (en fait le rapport est intitulé : Our Common Future). Mais il n'est pas dit que ce postulat de départ soit suffisant pour se prémunir des opportunistes qui masquent les agissements de croissance capitalistique systématisée derrière un vernis qui, s'il n'est pas franchement éthique, est en tout cas pas mal démago.

Ainsi avec l'industrie agro et la grande distribution qui nous bassinent à grands coups de commerce équitable ou encore les constructeurs automobiles qui labellisent du titre de "voiture écologique" (sic !) des véhicules qui ne sont même pas hybrides, il est temps de bien préciser de quoi l'on parle. Parce que il faut bien se dire, que durant ce temps, et bien les Hedges Funds et autres instruments spéculatifs destructeurs de valeurs (et donc d'emplois) ne perdent pas le leur de temps !

Révisons la notion de performance...

En fait, c'est bien la notion de performance qu'il s'agit de redéfinir. Il est urgent de remplacer le "toujours plus" par le "toujours mieux". L'exemple du sport de compétition, souvent repris par les apôtres de la productivité, est en fait un bien mauvais exemple. Battre en permanence les records précédents est bien quelque part absurde; le dopage n'est pas vraiment une dérive mais une conséquence logique.

Cette politique du "toujours plus" a ainsi dévoyé des pans entiers de la recherche et de l'application des technologies en se focalisant exclusivement sur le thème aisément mesurable de l'amélioration de la productivité (voir le ROI). Pour illustrer le propos, un exemple hors de la Hi Tech : la pêche à l'anchois.

La pêche à l'anchois

La pêche à l'anchois, un thème actuel et plutôt conflictuel entre la France et l'Espagne illustre bien ce que n'est pas le développement durable.
Ces 20 dernières années, les pêcheurs français ont été fortement incités -d'autres diront contraints- par les pouvoirs publics et la commission européenne d'améliorer leurs outils de production. Ainsi, ils se sont lourdement endettés pour s'équiper de bateaux performants et particulièrement bien équipés autant en instruments sophistiqués de détection de bancs de poissons que dans la capacité de capture.

Mais les crédits, il faut bien les rembourser ! Lorsque l'on accroît les frais fixes, il n'existe d'autre solution que d'améliorer son chiffre d'affaires en recherchant par exemple de nouvelles zones d'activité. Ainsi les pêcheurs français se sont intéressés à la pêche à l'anchois dans le Golfe de Gascogne. Au contraire des espagnols qui en sont particulièrement friands les français ne consomment quasiment pas d'anchois. Le produit de la pêche est donc pratiquement intégralement revendu au voisin du sud.

Les mers ne sont pas une ressource infinie. A titre d'analogie, la pêche s'apparente à une technique de cueillette. Lorsque l'on utilise la technologie la plus pointue pour améliorer la productivité et donc dans le cas présent augmenter au maximum le nombre de prises, irrémédiablement on atteint le seuil fatidique de la destruction de l'espèce. En deçà de ce seuil, l'espèce n'a plus la capacité de se reproduire. Il faut donc laisser le temps aux poissons de se régénéré avant de reprendre les campagnes de prélèvement.

Pour la pêche à l'anchois ce seuil limite est déjà atteint. Les pêcheurs espagnols sont tout à fait d'accord pour laisser le temps au "stock" de se renouveler. Ces derniers utilisent des techniques de pêche plus traditionnelles et donc avec moins de frais fixes. En revanche avec le gel de la pêche à l'anchois, les pêcheurs français suréquipés sont pris à la gorge. L'investissement est trop lourd à amortir.

Voilà un exemple rapidement conté pour bien différencier le "toujours plus" et le "juste ce qu'il faut", point de départ d'un développement durable concerté. A méditer non ?

KPI et performance

De toutes façons dans développement durable, si le terme développement est bien présent, il y a surtout l'hépithète durable même si les puristes préfèreront celui de soutenable. Il est temps de voir un peu plus loin que le bout de son reporting financier et d'envisager tous les axes de la performance. La recherche de la performance en matière de développement durable n'est plus vraiment une activité de monomaniaque, obsédé par le résultat financier du trimestre.

La performance est en fait un concept multifacettes. Les instruments de mesure que sont les tableaux de bord et plus précisemment les indicateurs KPI sont en fait l'alpha et l'oméga du projet de développement durable. Ils conditionnent l'accomplissement du projet de bout en bout. Bien plus sûrement en tout cas que toutes les bonnes résolutions, peut être fédératrices lors du lancement, mais bien peu résistantes face au poids des habitudes du passé lorsque le projet avance.

A noter, sur un plan plus macro économique c'est bien l'indicateur PIB Produit Interieur Brut qui mérite d'être sérieusement réformé sans s'arrêter en chemin... Voir aussi à ce sujet les nouveaux indicateurs de richesse.


Points de vue



Partagez cet article...

Envoyer le lien de cet article par e-mail   
(total partages cumulés > 125)

La reproduction ou la traduction totale ou partielle de ce texte, images et documents est formellement interdite. Voir ici les conditions pour publier un extrait sur votre site ou blog. Ce texte et les images et documents qu'il contient est déposé auprès de l'IDDN

Suivez aussi les news du portail sur Twitter et rejoignez-nous sur Facebook

Google+    Twitter    Facebook

Excel ® est une marque déposée de Microsoft Corp ®
Gimsi ® est une marque déposée de Alain Fernandez



Copyright : Alain FERNANDEZ ©1998-2017- Tous droits réservés


»» Tous les articles Piloter.org »»