Comment fonctionnent les innovateurs ?

26 avril 2018 Par Partagez : Envoyer le lien de cet article par e-mail   

Innovons !
Innover, c'est multiplier les expériences. C'est aussi aller vite et profiter de l'enseignement des échecs pour repartir sur de nouvelles bases plus saines. Nul besoin de s'attarder à réaliser de longues et artificielles études préalables. Non. On a une idée et on la teste. Ça ne marche pas ? Ce n'est pas grave, on infléchie la direction et de toutes façons cette expérience est génératrice de nouvelles idées. Tout cela pour dire que si pour innover en entreprise il est indispensable de disposer d'une liberté de décision et d'initiative, il importe tout autant de bénéficier d'un droit à l'erreur reconnu.

Optimiste et pessimiste sont également nécessaires à la société, l'optimiste invente l'avion, le pessimiste invente le parachute...
Un anonyme du web

Le "truc" des innovateurs

Il y a déjà quelques années, Peter Sims rencontrait un réel succès avec l'’ouvrage Little Bets,. C'était un succès justifié. Avec cet ouvrage l'auteur démontre, exemples à l'appui, que les innovateurs suivent un processus fondé essentiellement sur l'expérimentation :
  • 1) Expérimenter très vite.
  • 2) Tester des idées imparfaites.
  • 3) Analyser rapidement les échecs pour avancer d’un petit pas.
  • 4) Et tenter un nouveau pari.
Toujours selon l'auteur, toutes les grandes innovations de rupture ne sont en fait que le produit de la longue succession d'une multitude de petits paris.
  • - Et si on essayait cela ?
  • - Banco !
  • - Ça ne marche pas !
  • - Reprenons le problème et essayons autre chose
  • - Tout de suite !

Il est totalement impossible de prévoir quelle idée rencontrera le succès. C'est la règle fondamentale de l'innovation industrielle. Il faut donc essayer, corriger, recommencer en profitant de l'’enseignement pour tenter autre chose, une autre voie.

Ceux qui ont la graine de l'innovation, et chacun d'entre nous peut la développer, n'hésitent pas à mettre rapidement en expérimentation des idées imparfaites, et à placer en conditions réelles des prototypes loin d'être totalement validé

Les visionnaires ? Ils n'existent pas !

En fait, selon l'étude de Peter Sims, il n’y a pas vraiment de grands visionnaires. Ce sont surtout des acteurs - dans le sens étymologique, donc des femmes et hommes qui agissent - qui osent s’engager dans une suite de petits paris, et profitent de l’enseignement de chacune des tentatives.

Une démarche originale pour des anti-conformistes

Selon les cas, soit ils adoptent une démarche itérative et repartent des résultats de l'expérimentation pour progresser et améliorer le prototype en cours de création, soit ils infléchissent un peu la démarche, soit ils laissent tomber sans regret et se réorientent rapidement.

C'est là où réside leur force. Les enseignements d'un échec ne sont pas toujours perceptibles immédiatement. Les uns s'entêtent à tort à poursuivre leurs efforts en une voie sans issue, persuadés de détenir la vérité, tandis que les innovateurs dynamiques ne perdent pas de temps et cherchent une autre voie plus profitable.

Ils ont aussi l'intelligence de lancer plusieurs expériences à la fois. Si la vieille morale nous a enseigné de ne pas courir plusieurs lièvres à la fois, c'est bien en ne respectant pas cet adage que les innovateurs parviennent à innover...

Il ne s'agit plus de chercher une idée supposément géniale, de la dessiner, puis de préparer des plans et d'appliquer une méthode rigoureuse pour parvenir au résultat escompté.

Dans ce cas précis des innovateurs étudiés par l'auteur, on ne connait pas le résultat avec précision. On se lance très vite, on observe, on poursuit ou on on recommence.

Et nous, les cartésiens ?

Les cartésiens que nous sommes ne seront pas déstabilisés par la démarche. La rigueur et le sens de l'analyse sont d'indispensables qualités pour expérimenter et analyser rationnellement les résultats. Il suffit juste d'être un peu plus pragmatique que théoricien, et d'écouter ses intuitions. Elles sont de bons conseils lorsqu'il s'agit d'interpréter des résultats incomplets...

Ce que confiait Steve Jobs, innovateur au quotidien

Interviewé par Gary Wolf du mensuel américain Wired, en février 1996, Steve Jobs confiait ceci :
« La créativité, c'’est juste connecter des choses. Lorsque vous demandez aux innovateurs comment ils ont fait telle ou telle chose, ils se sentent toujours un peu gênés parce qu'ils ne l’'ont pas vraiment fait, ils l’'ont juste vu ! Ça leur semblait évident. Ils sont tout simplement capables d’'interconnecter et de synthétiser de nouveaux concepts. Ils raisonnent aussi ainsi parce qu'ils cumulent plus d’'expérience que la moyenne, et qu’'ils s’'y réfèrent plus facilement que le reste des gens. »
Source : À son compte, de salarié à consultant, Editions Eyrolles

L'innovation en entreprise

Le développement de l'esprit d'innovation dans l'entreprise passe nécessairement par de nouvelles structures plus réactives facilitant la prise de décision par les acteurs de terrain et les équipes autonomes. Voir notamment : Innover en entreprise, c'est décider en équipe. Mais ce n'est pas suffisant. Encore faut-il disposer d'un indispensable droit à l'erreur sans lequel il ne peut exister d'expérimentation. Un droit à l'erreur bien défini et qui n'est pas soumis à l'arbitraire de la direction conditionne donc la volonté de créer dans l'entreprise.

Les erreurs créatives

Dans l'esprit des innovateurs, les échecs ne sont pas considérés comme des fautes. Ils servent à mieux comprendre le contexte et permettent ainsi une réorientation, un meilleur ciblage, ou sont à l'origine d'une meilleure idée à tester.

Et si jamais on se plante ?

La création est le fruit d'un parcours non linéaire, il est donc inutile de planifier.

Il est en effet important d'oublier les méthodes du management directement issues de l'OST, Organisation Scientifique du Travail, qui imposent hiérarchie, planification et procédures comme autant de castrateurs de la créativité. Il faut au contraire ne pas hésiter à essayer, à rater et à recommencer sans ne jamais abandonner. C'est ainsi que procèdent les créateurs à l'origine des découvertes majeures et des innovations de rupture.

A propos des erreurs créatives, on retiendra la formule de Vinod Khosla, cofondateur de Sun Microsystem, devenu depuis un investisseur capital risques. Il explique ainsi que lorsque finalement le succès arrive, c'est bien parce que l'on a emprunté toutes les fausses routes, et qu'il ne restait plus que la dernière voie, la bonne. Ce propos est disponible en ligne ici, l'interview de Vinod Khosla

C'est pourtant une méthode bien française !

Pour les plus anciens d'entre-nous, il est bon de se rappeler que Le Professeur Shadoko, le maître à penser des regrettés Shadoks avait déjà établi cette théorie. Rappelez-vous. Les shadoks devaient quitter leur petite planète et rejoindre la Terre. Pour cela, ils avaient construit une fusée un peu bancale. Après de très savants calculs, le Professeur Shadoko avait estimé à 1 pour 1000 les chances d'atteindre la Terre avec leur fusée. Il fallait donc prendre soin de bien rater les 999 premières fois pour être sûr de réussir le 1000ème lancé. Pas plus compliqué que cela ! Comme quoi, il faut toujours qu'on nous pompe nos idées !

Lectures recommandées

Tableaux de bord du manager innovant, le livreLes Tableaux de bord du Manager Innovant
Une démarche en 7 étapes pour faciliter la prise de décision en équipe

Alain Fernandez
Editeur : Eyrolles
Publication : 12 Avril 2018
Pages : 320 pages
Prix : 25 Euros

Pour acheter ce livre :

   


Little Bets

Little Bets, How Breakthrough Ideas Emerge from Small Discoveries.
Peter Sims
Simon & Schuster - - 224 pages

Dispo :
www.amazon.fr
Format Kindle - Format Audio (CD)

Au fil de ces pages, l'auteur bouscule ainsi pas mal les théories à propos du processus d'innovation. On retrouve d'ailleurs quelques-uns des thèmes déjà développés par Edward de Bono (les six chapeaux de la reflexion) au début des années 70 avec la pensée latérale. Un bon point, il casse le mythe des innovateurs comme êtres exceptionnels. Chacun d'entre-nous peut être aussi un innovateur. Il suffit d'avoir une idée, de se lancer et de la construire sans jamais abandonner. Là encore, Napoleon hill dans « Réfléchissez et Devenez Riche » , un ouvrage écrit en 1937, ne le disait pas autrement. C'est aussi un bouquin à lire...

livre monter son entrepriseÀ son compte
De salarié à entrepreneur indépendant

Alain Fernandez
Éditions Eyrolles - 272 pages
Prix : 20 Euros
Ce livre développe une démarche complète pour réussir sa création d'entreprise. Tel un coach personnel, il vous accompagne et vous aide à franchir les embûches du parcours, depuis l'idée initiale jusqu'à l'accession à une situation durablement stable. Ce livre s'appuie sur l'expérience cumulée de plusieurs dizaines d'entrepreneurs avertis et chevronnés.
Dispo : www.amazon.fr -



Partagez cet article...

Envoyer le lien de cet article par e-mail   
(total partages cumulés > 85)

La reproduction ou la traduction totale ou partielle de ce texte, images et documents est formellement interdite. Voir ici les conditions pour publier un extrait sur votre site ou blog. Ce texte et les images et documents qu'il contient est déposé auprès de l'IDDN

Suivez aussi les news du portail sur Twitter et rejoignez-nous sur Facebook

Google+    Twitter    Facebook

Excel ® est une marque déposée de Microsoft Corp ®
Gimsi ® est une marque déposée de Alain Fernandez



Copyright : Alain FERNANDEZ ©1998-2018- Tous droits réservés


Le Portail du Manager Innovant
Le portail du Manager Efficace Piloter.org