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Mesurer la Performance Publique

Évaluer et piloter la performance publique

Efficience des services publics

Les services publics sont aussi contraints à la course à la performance. Sur ce point, le virage a été pris depuis quelques années comme nous pouvons déjà tous le constater au quotidien.

La recherche d'efficience pour offrir aux citoyens contribuables que nous sommes un service de qualité convenable sans pour autant laisser exploser les budgets est tout à fait légitime. Il est cependant particulièrement dommageable d'associer systématiquement la notion de performance à celle de profit financier.

Les finalités du Service Public

Service public et secteur marchand n'ont pas les mêmes finalités. Appliquer les règles de la logique de marché au secteur public ne peut se conclure que par l'éclatement de ce dernier. Ainsi, la rationalisation des ressources et des moyens ne doit pas uniquement se justifier par l'économie sans une évaluation précise de la dégradation des services rendus. Un service public n'est pas une entreprise.

Performance du Service Public

Performance publique Il est donc important de bien choisir les termes que l'on accole à celui de performance. La création de valeur n'est pas uniquement synonyme de l'accroissement du profit. La création de valeur peut aussi être entendue comme une amélioration des services pour la satisfaction des citoyens (1). C'est en tout cas ainsi qu'il s'agit de comprendre la formule lorsque l'on aborde le thème des services publics.
Dans tous les cas, la quête de l'amélioration de la diversité et de la qualité des services offerts à l'ensemble des citoyens sans distinction n'est rien d'autre que la mise en pratique du principe républicain (lire aussi sur un sujet connexe et d'actualité Les perversions de la culture du résultat ).

Création de valeur et Service Public

Piloter la  performance publique Sur un plan macro économique, au niveau de l'état et dans la durée, la création de valeur ainsi entendue s'avère nettement plus profitable dans tous les sens du terme.
John Kenneth Galbraith, économiste conseiller de Roosevelt et de Kennedy, s'appuyant sur l'expérience du Royaume-Uni au sortir de la guerre, releva en son temps l'importance en terme de valeurs de progrès, de disposer de services publics de qualité plutôt que d'afficher un PIB conséquent. Cette remarque est d'autant plus pertinente en ces temps actuels où le "développement durable" s'impose au sein de tous les débats.

(1)Sans nuire pour autant à la satisfaction des employés de la fonction publique, cela va de soi. La conscience professionnelle est le fondement de l'accroissement de la qualité des services rendus. Mais il ne peut exister de prise de conscience professionnelle sans un minimum de confort de vie lors de l'exercice de son office. La satisfaction des employés est donc un préalable.

Pour aller plus avant, lire la suite Définition de la LOLF Loi Organique relative aux Lois des Finances. Voir aussi : Concevoir et réaliser le tableau de bord de la performance publique lire la fiche.

À lire...

Avec cet ouvrage, John Kenneth Galbraith traite la question essentielle des différentes façons de présenter la réalité économique. L'auteur s'attarde longuement sur l'importance du pouvoir de l'entreprise et plus précisément de ses PDG sur l'économie mondiale. Ces derniers n'ayant d'autres ambitions que l'auto- enrichissement.

"Cet essai se propose de montrer comment, en fonction des pressions financières et politiques ou les modes du moment, Les systèmes économiques et politiques cultivent leur propre version de la vérité. Une version qui n'entretient aucune relation-nécessaire avec le réel."

"Les entreprises ont redéfini l'intérêt public en l'adaptant à leurs besoins. Elles décident que le progrès social, ce sera davantage d'automobiles, de téléviseurs, d'appareils de toutes sortes, un accroissement de tous les biens de consommation. Et surtout, de plus en plus d'armes mortelles. Tel est le critère de l'épanouissement humain. Les effets sociaux négatifs comme la pollution, la destruction des paysages, le sacrifice de la santé des citoyens, les menaces d'intervention armées et les morts ne comptent pas."

Les mensonges de l'économie
Vérité pour notre temps

J John Kenneth Galbraith
Grasset & Fasquelle
92 pages
Dispo :
www.amazon.fr



Sélection d'ouvrages consacrés à la performance des organisations publiques

Trois ouvrages pour mieux aborder cette question sensible et ô combien d'actualité. deux ouvrages de la collection "Repères" pour bien saisir les ficelles de la comptabilité publique et de l'évaluation de la performance sans pour autant se limiter à la LOLF. Ensuite, un troisième ouvrage, Travailler sans les autres ?, présente une vision sociologique en exposant les réalités du terrain sur le plan humain. Essentiel.

1. Cet ouvrage de l'excellente collection "Repères" présente une mise au point claire et précise sur la réalité des chiffres de la nation. Destiné à un large public, il explique précisément comment sont construits et évalués les comptes de la nation, à quoi ils servent et quelles en sont leurs limites. Avec plus de 65000 exemplaires vendus, ce livre est devenu l'ouvrage d'initiation à la comptabilité nationale le plus diffusé en France.

La comptabilité nationale, Jean-Paul Piriou La comptabilité nationale
Jean-Paul Piriou, Jacques Bournay
Editions La Découverte
Dernière édition
200 pages
Dispo :
www.amazon.fr


2. Cet ouvrage propose une mise au point à propos de la LOLF et plus généralement des méthodes et pratiques d'évaluation des politiques publiques. L'évaluation des politiques publiques est au coeur de la réforme de l'Etat. Mieux gérer l'argent public et rendre des comptes aux citoyens sont les impératifs. Après une histoire comparée des pratiques d'évaluation, cet ouvrage présente les méthodes sous l'angle de la conduite de projet et des techniques de mesure.

Evaluation des politiques publiques, Bernard Perret Évaluation des politiques publiques
Bernard Perret
Éditions La Découverte - Collection "Repères"
128 pages
Dispo :
www.amazon.fr


3. La quête de performance sans bon sens telle qu'elle est pratiquée dans l'entreprise est sensée développer l'autonomie et la reconnaissance. Pourtant dans les faits, le constat est loin d'être celui attendu : isolement, précarité, peur de ne pas y arriver, méfiance à l'égard des autres. Bref, la "modernisation du travail" ne conduit qu'à dénaturer le travail. Symbole de cette modernisation : le management rêve d'importer au sein des entreprises privées le sens de la loyauté des agents du service public, alors que par celui-là subit une attaque en règle de ces mêmes valeurs...
C'est à l'analyse du devenir du travail dans notre société que se risque ce livre.

Travailler sans les autres ?, Danièle LinhartTravailler sans les autres ?
Danièle Linhart
Le Seuil
212 pages
Dispo :
www.amazon.fr




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