Autoformation

Apprendre doit rester un plaisir

13 mai 2019  Par   Partagez

Combien de fois nous sommes-nous retrouvés à essayer de se concentrer sur un sujet rébarbatif ? On a beau s'auto-justifier avec des "il faut bien le faire", mais à la première occasion notre attention s'évade... Et on relit pour la troisième fois le même paragraphe sans le comprendre pour autant. En conclusion, il est toujours préférable d'étudier des thèmes que l'on aime. C'est une évidence, mais il n'est pas inutile de le rappeler.

On apprend mieux quand on aime

Encore faut-il ne pas tomber dans le piège de l'apprentissage à court terme, et se contenter d'enchaîner des sessions de formations accélérées, où seule l'acquisition de réflexes automatisés importe. Ces sessions n'abordent que les aspects opérationnels sans aucun recul. Ce sont des formations sans saveur que l'on suit les bottes chargées de plomb. Elles ne sont guère profitables. Attardons-nous justement un instant sur les termes saveurs et savoirs.

Savoir et saveur

Les termes savoir et saveur ont la même racine étymologique. Pour profiter pleinement de sa formation, il semble donc essentiel d'en détecter la saveur, c'est-à-dire de l'apprécier et d'y prendre plaisir.

Nous sommes nombreux, j'imagine, à être tombés au moins une fois au cours de notre parcours professionnel dans le piège de la formation supposément indispensable pour notre carrière, mais que l'on sait insipide et ennuyeuse au possible. On ne mène jamais à leur terme les formations de ce type. L'opiniâtreté est bien utile, mais elle résiste mal face à l'ennui.

La lassitude finit toujours par prendre le dessus, et notre attention sera définitivement captée par d'autres centres d'intérêt. Qu'il s'agisse d'un projet d'autoformation pour satisfaire sa curiosité ou plus prosaïquement pour améliorer ses compétences professionnelles, la notion de plaisir doit être au cœur de votre projet.  Voir aussi comment développer le goût d'apprendre

Apprendre c'est construire sa propre connaissance

Lorsque l'on parle d'apprentissage, il est coutumier de reprendre la maxime de Montaigne et d'opposer l'image d'une tête bien pleine avec celle d'une tête bien faite . L'idée de la tête bien pleine correspond au modèle traditionnel de l'enseignement de type classique et magistral. Le cerveau est considéré comme une éponge qui peut tout absorber ou un récipient qu'il suffirait de remplir de connaissances de gré (récompense) ou de force (punition).

Une tête bien pleine ou une tête bien faite...

L'image de la tête bien faite proposée par Michel de Montaigne est révélatrice de l'intuition chez ce grand philosophe de l'existence de structures cérébrales spécifiques où les connaissances sont organisées pour être mieux exploitées. Celui qui est doté d'une tête bien pleine peut répondre du tac au tac à bien des questions de connaissances générales.

Il n'est pas dit pour autant qu'il soit aussi doté des compétences associées. En revanche, celui qui a su se construire une tête bien faite dispose peut-être d'un moindre bagage de connaissances, mais il sait s'en servir. Il a su pousser le processus plus avant et transformer ces connaissances en compétences tout en développant sa capacité de raisonnement.

Chaque cerveau est unique

Le cerveau de chacun d'entre nous est unique. Il s'est construit selon l'environnement social et culturel dans lequel nous baignons depuis notre plus tendre enfance. Il se structure et se restructure au fur et à mesure de l'expérience vécue.

Le cerveau n'est donc pas un réservoir qu'il suffirait de remplir de connaissances. Le cerveau est adaptatif, chaque enseignement se moule et s'adapte aux structures déjà existantes. Il se réorganise en permanence pour bâtir une tête bien faite.

C'est aussi en ce sens que nous ne sommes pas égaux face à un nouvel enseignement. Chacun essaie de se raccrocher à des connaissances déjà acquises, quitte à adapter les informations reçues pour le meilleur (enrichissement) comme pour le pire (contresens).

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