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Comment se lancer en freelance ?

03 décembre 2018  Par                   Partagez
Se lancer dans l'aventure du freelance
Pour réussir le lancement de son activité de freelance, il est prudent de bien préparer son projet, c'est à dire de bien maîtriser l'exercice de triangulation entre les possibilités de rentabilité de l'activité choisie, ses propres compétences, solides on l'espère et le plaisir que l'on prend à les exercer.
C'est le point de départ. Mais ce n'est pas suffisant.
Voyons les points plus pratiques, comme les questions de la trésorerie, de la tarification, de la réputation, du réseautage et des pièges courants mais évitables...

8 Questions/Réponses pour mieux se lancer

Ce sont effectivement quelques unes des principales questions qu'il est prudent de se poser avant de passer à l'action et de franchir le pas. Passons-les en revue et étudions les réponses apportées.

1) Quel secteur d'activité choisir pour se lancer en freelance ?

Un « bon » secteur d’activité doit au minimum répondre aux 3 caractéristiques suivantes :
  • Rentabilité

    Autrement dit un secteur où il n’est pas (trop) difficile de trouver des clients en nombre suffisant, prêts à acheter les services ou les produits proposés, à un prix permettant d’assurer une rentabilité correcte de son activité. C'est-à-dire à un prix susceptible de couvrir les frais et de générer un bénéfice.
  • Compétence

    Bien évidemment, c’est un secteur ou l’on peut exprimer ses compétences. Il s’agit d’exceller dans son métier pour pouvoir faire la différence par la qualité.
  • Plaisir

    Quitte à travailler, autant le faire avec plaisir. Ce sera profitable pour tout le monde, soi-même, ses clients et ses partenaires. Si on attaque le lundi matin en traînant des pieds, on n’a pas choisi la bonne activité.

    3 Remarques

    1) Le plaisir d’exercer l’activité, on peut le découvrir par la suite, rien d’extraordinaire à cela. On prend alors goût au contact des clients et des partenaires et à l’exercice de son métier.
    2) La compétence, on peut s’efforcer de la perfectionner afin de faire la différence et limiter la pression de la concurrence.
    3) En revanche, des clients rentables, ça ne s’invente pas. C’est donc le principal critère de choix.

2) Quel statut choisir : Auto-entrepreneur, Sarl ou Eurl ?

La meilleure manière de démarrer, quand on n’est pas trop sûr de la pérennité de son projet, sera de limiter au maximum les frais d’installation et de fonctionnement durant la première année au minimum. Le statut d'auto-entrepreneur (ou micro aujourd'hui) peut s’avérer une bonne solution pour tester la validité d’une idée.

En revanche, ce n’est pas toujours un bon argument pour gagner la confiance de ses clients. Et dans certaines professions, le freelance ayant ce statut sera bien peu apprécié par ses collègues/concurrents.

C’est le cas dans le bâtiment par exemple, les micro-entrepreneurs ne sont pas soumis à la TVA, et peuvent donc proposer des tarifs plus réduits sans amputer leur bénéfice. Attention aussi à la confusion de patrimoine, en cas de litige professionnel, vos biens personnels ne sont pas protégés.

La SARL est intéressante lorsque l’on souhaite entreprendre à deux ou plus, il faut juste se mettre d’accord sur le partage des responsabilités pour éviter de futurs conflits. Là aussi une SARL avec un capital un peu ridicule n’est pas une carte de garantie pour ses clients.
Avantage non négligeable : en cas de litige, le patrimoine personnel est protégé dans certaines limites.

L’EURL c’est une SARL à un seul associé. Avant sa création, bien des freelances montaient une SARL avec un associé « de papier », c'est-à-dire un prête nom, pour pouvoir bénéficier des avantages de la protection du patrimoine.

3) Comment établir son tarif de facturation ?

Le bon tarif, c’est celui qui permet de gagner correctement sa vie sans faire fuir les clients potentiels. Si on a la chance d’exercer son activité dans un secteur de « niche », où les prestataires concurrents sont rares, bien évidemment les tarifs sont plus élevés.

Dans tous les cas, il faut prendre soin de suivre de très près les tarifs de la concurrence afin d’être compétitifs lors des appels d’offre. Attention à la tentation de casser les prix pour emporter les marchés. On y perd plus que l’on y gagne.

4) Comment gérer sa trésorerie ?

La trésorerie peut devenir l’épée de Damoclès de toutes entreprises quelque soit sa taille, et a fortiori s’il s’agit d’une TPE. Les clients exigent en effet des délais de paiement tandis que les factures (fournisseurs, loyers, charges sociales…) se paient au comptant.

On peut très vite se retrouver en difficulté si on n’anticipe pas les mouvements de trésorerie. Un suivi très précis des flux financiers, notamment en calculant très régulièrement son Besoin en Fond de Roulement, est plus qu’indispensable.

5) Comment construire son réseau professionnel  ?

Il ne faut pas hésiter à pousser la porte des associations professionnelles, fréquenter les salons professionnels, provoquer le contact avec les exposants, et essayer de participer à un maximum de rencontres.

Si notre compétence est reconnue et notre secteur porteur, on finit toujours par croiser la route de prescripteurs et d’entrepreneurs intéressants. Réseauter, ça fonctionne aussi dans les deux sens. Une fois introduit, il ne faut pas hésiter une seconde avant de renvoyer l’ascenseur et rendre service à son tour.

6) Un truc pour soigner sa réputation  en ligne?

En complément du réseautage, la présence sur les réseaux sociaux de type Linkedin peut être utile à condition d’y consacrer du temps pour participer aux débats. Il faut surtout éviter d’être obnubilé par la promotion de son offre.

Ce comportement terriblement courant agit comme un véritable repoussoir. Une présence sur le web, avec un blog actif et original, est un incontournable. Mais tout cela prend du temps, beaucoup de temps.

7) Comment affronter l'isolement ?

Un freelance a tout intérêt à adopter de bonnes habitudes de vie. Une gestion rationnelle de son temps est déjà une bonne solution pour ne pas perdre ses marques. Il faut impérativement s’efforcer de maintenir sa vie sociale, quitte à laisser de côté les projets en cours. De toutes façons, notre cerveau est bien plus inventif lorsque l’on est destressé.

Et quel est le meilleur remède anti-stress qu’une bonne partie de rigolade avec ses amis ? Il est aussi important de s’imposer des vacances, courtes peut-être mais régulières. C’est aussi un excellent destressant. Si on ne procède pas ainsi, on s’aperçoit bien trop tard que l’on n’a pas vu ses enfants grandir.

8) Quels sont les principaux pièges du freelance ?

Il y en a beaucoup. Le plus courant, c’est peut-être de se lancer en se basant uniquement sur sa compétence et en s’imaginant que les clients suivront. Voir notamment les concepteurs d’appli mobiles qui bâtissent des solutions intéressantes techniquement, mais qui n’atteignent jamais le seuil de rentabilité. Ce piège est aujourd’hui amplifié avec l’internet des objets où les idées foisonnent, mais les clients potentiels prêts à sortir la carte bancaire sont plus rares.

L’investissement irraisonné, sans aucune garantie de rentabilité, est aussi un piège fréquent. Ouvrir une boutique sans être sûr que les clients franchiront le pas de la porte, acheter et équiper un « food truck », parce que c’est dans l’air du temps, se lancer dans le commerce en ligne sans en maîtriser les fondamentaux…

Ensuite, une fois l’activité sur les rails, accorder trop d’importance à son activité professionnelle et oublier sa vie sociale est peut-être l’un des travers les plus difficiles à éviter. Se laisser dévorer par son travail, et perdre ses contacts avec ses proches est un piège courant.

Lorsque l’on travaille chez soi, l’addiction à son activité professionnelle n’est jamais très loin, on perd du temps à courir après les projets, à répondre à tous les appels d’offre sans discernement et on finit par devenir l’esclave de son portable.

8) Ultime conseil : se former en permanence

Quel que soit son secteur d'activité il est impératif de se former en continue, ne serait-ce que pour :
  • Travailler sa niche d'activité, la concurrence est rude quel que soit le secteur, il faut être au top de son métier
  • Acquérir de nouvelles compétences et être en phase avec les clients actuels et futurs.

Ressources web


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Le mot d'humeur...

Être consultant, freelance de surcroît, c'est pratiquer un métier qui exige non seulement une connaissance précise du terrain et des compétences méthodiques mais aussi un sens de l'humain. C'est uniquement ainsi que l'on peut aborder et régler les problèmes dans une dimension durable.


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