La prise de décision et le droit à l'erreur

01 juin 2018  Par             Partagez
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La qualité d'une décision ou la compétence d'un décideur ne peut être jugée au seul vu des résultats, malgré la croyance largement répandue. C'est pourtant malheureusement le principe retenu que ce soit en entreprise ou ailleurs pour trier les bonnes décisions des mauvaises et les décideurs respectables des incompétents dans la foulée. Ce principe est totalement erroné et néfaste de surcroît. Toute la question du droit à l'erreur repose justement sur un sérieux éclaircissement de ce principe. Voyons tout cela dans le détail.

Comment juger de la qualité d'une décision ?

Ce ne sera sûrement pas au seul vu des résultats !

Ah les réunions de boulot ! Qu'est-ce que c'est épuisant d'entendre toujours les mêmes expressions ressassées !

Tenez prenez par exemple le coup de monsieur Jourdain et de la prose. Dans une rencontre professionnel, il y en a toujours un qui s'imagine original de ponctuer l'échange d'un "C'est comme monsieur Jourdain, il fait de la prose sans le savoir !"
Oh! là. Ça en fait un paquet d'années qu'on nous la ressort celle-là !

Elle doit sûrement réveiller en nous quelque chose de coincé entre Racine et Corneille. En ces temps de potache, quand on usait nos fonds culotte sur les bancs du collège, Molière était en effet une forme de soulagement, en tout cas moins barbant que les deux autres.

Des YAKA FOKON...

Une autre expression est tout aussi lassante : C'est la référence au "Yaka Kokon". A croire que l'entreprise ne serait peuplée que de conseilleurs aux bras coupés, toujours prêts à proposer une réponse simple qui commence par une formule du type : "Il suffit de...". Mais attention, à la condition que ce ne soit pas eux qui la mettent en oeuvre. Pas folle la guêpe !

Bon ! Ok, je vous l'accorde, ils sont assez nombreux et plutôt envahissants.
Mais cela dit, tout bien réfléchis ce ne sont pas les plus nuisibles. Eux ne font rien ou pas grand chose. Ils ne font donc que peu d'erreurs.

...Aux TUNOREPADU

A mon avis les plus dangereux ce sont les "pousse au regret". Ceux que l'on pourrait appeler les "ifalépafercomça" et les "tunorépadu". Autrement dit ceux qui n'ont que ces mots à la bouche : "Il fallait pas faire comme ça", "Pourquoi as-tu fait comme cela", " Tu n'aurais pas dû " ou encore "tu aurais dû me demander d'abord je t'aurais dit de ne pas le faire"..

Ah le conditionnel passé ! Voilà un temps de conjugaison bien peu constructif !

Bref, tous ceux qui se sentent en force pour juger a posteriori une décision prise par un autre.

Ces conseilleurs à rebours sont réellement les personnes dangereuses. Le tribunal d'entreprise
Rabat-joie de nature, destructeurs par vocation, ils sont des briseurs d'enthousiasme, des castrateurs de l'initiative.

Ils étouffent la fougue et la pétulance de la jeunesse, berceau de la force et de la créativité, et incitent à l'extension de l'indifférence, voire de la rouerie.

Accusé, culpabilisé, l'infortuné décideur n'a plus que le regret comme bouée pour son estime personnelle. "Je ne recommencerai plus" pensera-t-il. C'est bien là le but de la manoeuvre.

On ne juge pas une décision a posteriori. Ce serait trop facile !

Il faut s'ancrer bien au fond du crâne et une bonne fois pour toutes que la qualité d'une décision ne se juge pas aux résultats. C'est comme ça.
Lorsque le temps est passé, lorsque le contexte s'est précisé, lorsque les premiers résultats ont pointé le bout de leur nez, le jugement est aisé. Les évidences apparaissent.

Mais on oublie un peu facilement qu'au moment de la décision, celui qui décidait ne disposait pas de toutes les cartes en main. En fait, c'est exactement cela la décision en univers complexe et incertain. On ne dispose pas de toutes les cartes.
décideur face à la difficulté Pourtant, il faut s'engager. Il faut prendre le risque de choisir. Ou d'éliminer si vous voulez. Décider c'est choisir, mais c'est aussi éliminer.

Est-ce le choix le plus opportun ?
L'avenir nous le dira. Mais le décideur ne peut en aucun cas être mis en cause.
A moins qu'il n'ait pas tenu compte d'informations disponibles à ce moment. Ah! Dans ce cas il est impardonnable.

Autrement, on ne peut abuser de la position hautement confortable d'être plus avant dans le temps pour juger une décision prise. Trop facile ! Non seulement, le terrain s'est éclairci, mais de plus on dispose de l'expérience apportée par la décision.
Une bonne décision ne peut se juger a posteriori.
C'est ainsi.

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EAN : 978-2212569285
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1Qui est le décideur ?
2 Modélisation et illusion
3 Le décideur face à son dilemme
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Le mot d'humeur...

Au risque de se répéter, un décideur qui ne procèderait pas à une analyse "factuelle" des informations disponibles au moment de la prise de décision et se fierait uniquement à son "feeling" n'est pas pardonnable. La décision ce n'est pas une partie de dé (enfin pas toujours). Ensuite, la décision doit encore être mise en oeuvre et c'est là où les différentes interprétations risquent de la détourner de sa vocation initiale. Dans tous les cas, une décision n'existe qu'au moment où elle mise en oeuvre. Mais là c'est un thème en soi.



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