Le talent provient de l'originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger. Guy de Maupassant
En toute logique, chaque compétence se doit d'être utilisée, autant selon l'intérêt de l’entreprise que celui du salarié. Ces deux objectifs ne sont pas nécessairement concomitants. Inéluctablement, des divergences émergent au fil du temps.
Ces divergences se traduisent parfois par une rupture, notamment si les ambitions du salarié sont frustrées par les exigences de l'entreprise.
Pour la Direction des Ressources Humaines, l’adéquation entre les attentes de l’entreprise et les aspirations de chaque salarié est une préoccupation de tous les instants. C’est sous cet éclairage que devraient être définies les affectations aux nouveaux postes ainsi que les campagnes de formation.
Mais avant d'aller plus avant, une mise au point s'impose afin de mieux apprécier l'importance de la question soulevée par cet article de fond.
Supposer que la création de valeurs est le fruit de procédures bien élaborées, de bonnes pratiques sélectionnées et d'une quête sans fin de standardisation dans une pure logique taylorienne est la seconde erreur.
Celle-ci est d'ailleurs copieusement nourrie autant par les démarches qualité normalisées qui n'ont de "qualité" que le nom, que par le recours aux méthodes de management (excellence opérationnelle - attention les chevilles ! - lean management, six sigma, méthodes agiles, etc.) toujours déployées dans le sens vertical, du haut vers le bas, top -> down.
Jamais au grand jamais on ne demandera l'avis des salariés (qui devront subir la transformation) sur justement la question de la justesse de la transformation ! On préfère parler d'accompagnement du changement et de pédagogie, sous-entendu que s'ils résistent c'est qu'ils n'ont rien compris.
👮 Hop ! Le doigt sur la couture du pantalon ! Je ne veux voir qu'une tête !
En réalité, ce sont les salariés qui sont au charbon qui assurent le bon fonctionnement des entreprises. Ce sont eux qui sont chargés d'ajuster le travail réel avec le travail prescrit en supportant toutes les invraisemblables difficultés que ce décalage entre le théorique et le concret entraîne (une réalité soigneusement étudiée par Christophe Dejours).
Ce ne sont pas des prescriptions, des normes ou des règles, aussi contraignantes soient-elles, qui assurent l'accession aux objectifs. Non. C'est le goût du travail bien fait que partagent la très large majorité des professionnels quels que soient le métier ou la position hiérarchique qui permet d'atteindre d'absurdes objectifs de performance, absurdes puisqu'ils sont fixés sans connaître la réalité du travail (voir "Ce que sait la main" de Richard Sennett).
Dans un monde d'incertitude et de complexité, ce sont les salariés de terrain qui créent la valeur et la qualité, la vraie, celle que l'on délivre naturellement grâce à son amour du travail bien fait.
Et ce, non pas en respectant les procédures à la lettre, mais bien en prenant son temps (de moins en moins possible malheureusement), en s'accordant une once de liberté dans sa tâche afin de libérer son talent (toujours plus difficile). C'est aussi en partageant et en échangeant avec leurs pairs qu'ils parviennent à trouver des solutions aux problèmes du quotidien, imprévisibles par définition (cloisonner pour accroître son pouvoir est une absurdité bien connue mais paradoxalement toujours d'actualité).
Elle pourra alors évaluer pour chaque besoin présent et futur de l’entreprise, l’opportunité de recruter ou de démarrer des campagnes de formation pour pallier à l’obsolescence des compétences disponibles.
Citons notamment :
Alain Fernandez est un spécialiste de la mesure de la performance et de l’aide à la décision. Au fil de ces vingt dernières années, il a conduit et accompagné de nombreux projets d'entreprise en France et à l'International. Il est l'auteur de plusieurs livres publiés aux Éditions Eyrolles consacrés à ce thème et connexes, vendus à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires et régulièrement réédités.
Manipulations et dévoiement de la stratégie sont intrinsèquement liés à l'essor absurde de la culture du résultat. Dans ce contexte, lorsque la performance est matérialisée par un indicateur unique, ce n'est plus la performance que l'on cherche à améliorer mais l'information portée par l'indicateur.
Chacun d'entre-nous est seul juge de la maîtrise de ses compétences. Il ne suffit pas de disposer des connaissances pour être compétent. Un jeune diplômé frais émoulu de l'université possède bien des connaissances. Mais comme il ne les a jamais mises en pratique, il n'est pas encore compétent. Voyons comment tester ses compétences en s'inspirant du modèle de Stuart et Hubert Dreyfus.
Comment fausser les indicateurs de performance ?
Un travail de fond sur l'importance de reconnaître les compétences visibles et cachées de chaque acteur de l'entreprise si l'on souhaite bâtir des organisations réactives comme le suggère l'innovation managériale...
Les Tableaux de bord du Manager Innovant
Une démarche en 7 étapes pour faciliter la prise de décision en équipe
Alain Fernandez
Editeur : Eyrolles
Pages : 320 pages
Prix : 25 Euros
EAN : 978-2212569285
Une analyse sans concession des réalités du travail en entreprise et du rôle des Ressources Humaines...
DRH, le livre noir
Jean-François Amadieu
Éditions Le seuil
236 pages
Dispo :
www.amazon.fr
Les principes de la mesure de la performance et méthode pour concevoir et réaliser votre propre système d'aide au pilotage. La démarche s'applique pour toutes les fonctions de l'entreprise, dont bien sûr la Gestion des Ressources Humaines...
Les nouveaux tableaux de bord des managers
Le projet décisionnel en totalité
Alain Fernandez
Éditions Eyrolles -
495 pages - 6ème éd.
Dispo :
www.amazon.fr & Format Kindle
www.eyrolles.com &
Format Ebook PDF ou ePub
1. La GRH, Gestion des Ressources Humaines, expliquée 2. Mesurer la Performance des Ressources Humaines
3. Comment mesurer la Performance des métiers de l'entreprise